COUPE "LE MOT D’OR" 2016 : corrigé indicatif

1ère partie :

Le correcteur privilégiera les réponses qui fournissent des néologismes suggestifs et respectant les modes de formation des mots. Il se souviendra de ce qu'écrivait le grand poète Ronsard qui acceptait "les vocables nouveaux pourvu qu'ils soient moulés et façonnés sur un patron déjà reçu du peuple".

La qualité de la justification doit également être prise en compte.

Voici des exemples de réponses possibles :

a) mise en récit participative,
b) économie du partage, économie collaborative,
c) mentorat inversé.

2ème partie :

technique mercatique consistant à distribuer des prospectus et des échantillons sur la voie publique ou à y mener toute autre opération de communication pour promouvoir un produit publicité de rue
envoi d'un même message électronique à un très grand nombre de destinataires au risque de les importunert arrosage
dénomination, figure, ou emblème qu’on place sur la façade d’un établissement commercial pour l’individualiser et rallier la clientèle enseigne
élimination des bogues (défaut de conception ou de réalisation se manifestant par des anomalies de fonctionnement d’un logiciel) débogage
personne chargée, au sein d'une entreprise, de contrôler la conformité des actes et des procédures aux lois et aux règles de bonne conduite, et de sensibiliser le personnel à celles-ci déontologue
processus par lequel une personne ou un groupe s'insère dans le milieu, la société où il vit intégration
chèque préimprimé, libellé en euros ou dans une autre monnaie, d'un montant arrondi, et permettant au voyageur d'être protégé contre les risques de vol chèque de voyage
caisse de dimensions normalisées utilisée pour le stockage et le transport de marchandises dans des camions, wagons ou bateaux conteneur
ensemble des méthodes et techniques ayant trait à la présentation et à la mise en valeur des produits sur les lieux de vente marchandisage
technique de crédit dans laquelle le prêteur offre à l'emprunteur la location d'un bien, assortie d'une promesse unilatérale de vente, qui peut se dénouer par le transfert de la propriété à l'emprunteur crédit-bail
logiciel de création et de manipulation interactives de tableaux numériques tableur
technique de prospection, de vente et d'enquêtes commerciales fondée sur des appels téléphoniques en nombre et ciblés démarchage téléphonique
le fait pour une entreprise de concéder à des entreprises indépendantes, en contrepartie d'une redevance, le droit de se présenter sous sa raison sociale et sa marque pour vendre des produits ou services franchisage
espace piétonnier couvert, à fonction commerciale dominante galerie marchande
établissement commercial, souvent de dimension importante, offrant tout ce qui concerne le jardin jardinerie
magasin de détail à prix réduit, situé en général dans les locaux d'un fabricant, dont l'assortiment est composé uniquement par les produits de ce dernier magasin d'usine
soutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l'exercice d'activités présentant un intérêt général mécénat
entreprise qui prépare des plats cuisinés ou des repas sur commande et en assure éventuellement l'organisation, la livraison et le service traiteur
somme de toutes les charges (d'achat, de production, de distribution...) relatives à un produit coût de revient
écrit par lequel un débiteur s'engage à payer, à une date déterminée, une certaine somme au bénéficiaire ou à son ordre billet à ordre

3ème partie (corrigé du sujet pour les candidats dont la langue maternelle est le français)  :

Liste indicative d'équivalents possibles, avec leurs définitions, dans le contexte donné et dans l’ordre du texte. Certains ont fait l’objet d’un travail des commissions de terminologie et d’une publication officielle. Les dates mentionnées sont celles de la publication au Journal officiel.


Body building : culturisme (culture physique où l'on fait travailler certains groupes musculaires pour les développer de façon apparente).

Aquaplaning : aquaplanage (perte d'adhérence des roues d'un véhicule sur une surface mouillée due à la formation d'une pellicule d'eau entre les pneus et cette surface - 30.12.1984).

Airbag : coussin gonflable, sac gonflable ou coussin de sécurité (dispositif de sécurité constitué par une enveloppe souple qui, en cas de choc, se gonfle instantanément en s'interposant entre l'occupant et les parties agressives de l'habitacle - 26.06.1992)

Cocktail : coquetel (réception informelle avec buffet - proposition de l’Office québécois de la langue française - 2013).

Chairman : président-directeur général (dirigeant de plus haut rang dans une société anonyme).

Downsizing : restructuration avec licenciements (réorganisation d’une entreprise entraînant une réduction des effectifs du personnel - 30.01.2004).

Goden parachute : parachute doré (importante compensation financière qu’une entreprise s’engage à verser à un dirigeant à son départ - 2.03.2010).

Big business : les grandes affaires, les grandes entreprises (ensemble d'activités industrielles, agricoles, commerciales ou financières de grande envergure).

Clean : élégant, soigné, BCBG .

Cool : décontracté, calme, détendu.

Speech : laïus, allocution, discours.

Business ethics : éthique des affaires (ensemble des valeurs et des règles morales qui s'imposent dans la vie des affaires - 14.08.1998).

Business history : histoire de l’entreprise (récit retraçant la vie de l’entreprise depuis son origine - 14.08.1998).

Corporate purpose : finalité de l’entreprise (but assigné aux activités de l’entreprise - 26.03.2004).

Webmaster  administrateur de site (personne chargée de la maintenance et du suivi d'un site - 16.03.1999).

Website : site (sur la Toile) (ensemble de documents et d'applications placés sous une même autorité et accessibles par la Toile à partir d'une même adresse universelle - 8.12.2002).

Home page : page d’accueil& (page de présentation d'un site sur la Toile - 16.03.1999).

Bug : bogue (nom masculin - défaut de conception ou de réalisation d’un logiciel se manifestant par des anomalies de fonctionnement - 19.02.1984).

Business game : jeu d’entreprise (exercice informatisé de simulation de stratégie et de gestion d'entreprise destiné à des actions de formation).

Package : progiciel (ensemble complet et documenté de programmes conçus pour être fourni à plusieurs utilisateurs en vue d'une même application ou d'une même fonction - 17.01.1982).

Cost killer : chasseur de coûts (personne chargée de traquer toutes les dépenses superflues - 26.03.2004).

Consultant marketing : conseiller en mercatique (spécialiste qui fait profession de conseiller les entreprises dans le domaine de la mercatique).

Know-how : savoir-faire (ensemble des connaissances techniques nécessaires pour une activité, habileté acquise par l'expérience, compétence - 18.01.1973 et 2.04.1987).

Marketing : mercatique (adjectif - qui se rapporte à la mercatique, ensemble des techniques et des actions grâce auxquelles une entreprise développe la vente de ses produits et de ses services en adaptant, le cas échéant, leur production et leur commercialisation aux besoins du consommateur - 2.03.2010).

Learning by doing : apprentissage par la pratique ou formation par la pratique (méthode d’acquisition de capacités professionnelles par leur mise en œuvre sur le terrain - 25.09 2009).

In-house training : formation interne (formation assurée dans l’entreprise).

Coaching : mentorat (activité du mentor, cadre chargé d'améliorer les compétences et la réussite professionnelle d'un individu ou d'une équipe - 26.03.2004).

E-learning : formation en ligne (formation faisant appel à des moyens de communication par Internet - 14.05.2005).

Big data : mégadonnées ou données massives (données structurées ou non dont le très grand volume requiert des outils d’analyse adaptés - 22.08.2014).

Datamining : exploration de données (processus de recherche dans un ensemble de données destiné à détecter des corrélations cachées ou des informations nouvelles - 27.02.2003).

Marketer : mercaticien (spécialiste de la mercatique - 12.05.2000 et 2.03.2010).

Business to consumer : vente en ligne au grand public (vente par Internet aux particuliers - 30.01.2005).

Telemarketing : télémercatique (utilisation des techniques et des moyens de télécommunication au service de la mercatique - 28.02.1993).

E-mailing : publipostage en ligne (envoi de messages électroniques pour conquérir ou fidéliser des clients - 19.01.2010).

Click and talk : cliquer-parler (service permettant à un internaute d'établir une liaison vocale avec un opérateur et de dialoguer avec lui pendant qu'il visite un site - 5.04.2006).

Customer magazine : magazine promotionnel (publication gratuite destinée à la clientèle - 28.07.2001).

Web : Toile (Internet - 16.02.1999).

Copy platform : base de campagne (ensemble de réflexions qui permet de passer à la réalisation d'une campagne publicitaire - 18.02.1983).

Marketing manager : directeur de la mercatique (responsable de la mercatique dans une entreprise - 12.05.2000).

Big boss : grand patron (dirigeant de plus haut rang dans une entreprise).

Engineering : ingénierie (savoir-faire dans la conception et la mise en œuvre d’un projet industriel - 18.01.1973).

Designer : styliste (professionnel chargé du stylisme, travail sur l'aspect extérieur d'un produit industriel en vue d'un résultat esthétique s'accordant aux impératifs fonctionnels et commerciaux - 18.02.1983).

Packaging : conditionnement (emballage destiné à assurer la protection, la conservation et le transport d'un produit, ou encore servant à le mettre en valeur - 13.11.1985).

Look : aspect, apparence, présentation, allure.

Standing : haut de gamme, grand confort, luxe, classe.

Leadership : primauté (le fait, pour une personne ou une organisation, d'occuper le premier rang dans son domaine d'activité - 12.05.2000)

Hard selling : vente agressive (technique de vente dont l'argument principal est l'importance supposée des avantages financiers consentis au client - 12.05.2000).

Comarketing : accords de commercialisation (collaboration entre entreprises pour commercialiser des produits).

Cobranding : alliance de marques (alliance entre marques commerciales - 14.08.1998).

Sponsoring : parrainage (soutien matériel apporté à une manifestation, à une personne, à un produit ou à une organisation en vue d'en retirer un bénéfice direct ; les opérations de parrainage sont destinées à promouvoir l'image du parraineur et comportent l'indication de son nom ou de sa marque - 31.01.1989).

Team sportif : équipe sportive (groupe d'athlètes participant à une compétition - 6.03.1988).

Spot publicitaire : message publicitaire (annonce publicitaire ou promotionnelle de courte durée diffusée sur un support audiovisuel - 13.11.1985).

Prime time : heure de grande écoute (télévision - tranche horaire où l'audience est la plus forte - 18.01.2005).

Client VIP : client privilégié (client bénéficiant, de la part d'une entreprise, d'un traitement de faveur et d'offres commerciales spécifiques - 19.11.2008).

Surbooké : surréservé (se dit d’un hôtel dont les chambres ont été réservées en surnombre par rapport au nombre de chambres disponibles (par erreur ou en prévision de défections. L’adjectif peut s’appliquer aussi à un moyen de transport).

No-show : défaillance d'un voyageur (absence d'un voyageur ayant réservé une prestation de services, une chambre dans un hôtel par exemple – 21.10.2004).

Night auditor : réceptionniste de nuit (personne qui est chargée de l’accueil des clients pendant la nuit et qui assure la comptabilité de la réception).

Twin : chambre double (chambre pour deux personnes).

Ultrabook : ultraportable (ordinateur portable de petite taille).

Réseau wireless : réseau sans fil (réseau dont les liaisons sont assurées par voie radioélectrique ou par rayons infra-rouges -14.06.2003).

E-mail : courriel, courrier électronique, message électronique (document informatisé qu'un utilisateur saisit, envoie ou consulte en différé par l'intermédiaire d’Internet – 20.06.2003).

Surfer : naviguer (passer de manière non linéaire d'un document (ou d'un site) sur Internet à d'autres grâce aux liens hypertextes).

Net : Internet (réseau mondial des réseaux télématiques utilisant le même protocole de communication –16.03.1999).

Pour ceux qui maîtrisent mal le jargon des anglomanes, voici le texte transposé dans une langue débarrassée des emprunts abusifs à l'anglais américain :

En revenant de sa séance de culturisme, Julien avait été victime d’un aquaplanage. Il s’en était bien tiré grâce au coussin gonflable et n’avait pas raté le coquetel de départ du président-directeur général. Responsable d’une restructuration avec licenciements rigoureuse, celui-ci quittait la société avec un parachute doré faramineux mais gardait ses entrées dans les grandes affaires. Cela ne l’empêcha pas de faire, toujours aussi élégant et décontracté, un laïus sur l’éthique des affaires après avoir rappelé l’histoire de l’entreprise et sa finalité.

Julien profita de la réunion pour signaler à l’administrateur du site sur la Toile de l’entreprise une anomalie sur la page d’accueil, causée sans doute par un bogue. Ils discutèrent ensuite d’un nouveau jeu d’entreprise dont on venait d’acheter le progiciel.

Après avoir été chasseur de coûts, Julien était devenu conseiller en mercatique. Il devait une bonne partie de son savoir-faire mercatique aux apprentissage par la pratique, formation interne et mentorat mais il venait de suivre une formation en ligne sur les mégadonnées et l’exploration de données.

Mercaticien spécialiste de la vente en ligne au grand public, il avait été un des pionniers de la télémercatique, notamment du publipostage en ligne et du cliquer-parler mis en œuvre dans un magazine promotionnel sur la . Il allait maintenant collaborer à la mise au point de la base de la prochaine campagne publicitaire avec le directeur de la mercatique.

Le nouveau grand patron voulait en effet s’appuyer sur la qualité de l’ingénierie et la compétence des stylistes de l’entreprise pour donner aux produits et à leur conditionnement un aspect de haut de gamme sans augmenter les prix. Il voulait acquérir la primauté sur le marché européen sans recourir à la vente agressive. Il envisageait aussi, avec une entreprise offrant des produits complémentaires, des accords de commercialisation et une alliance de marques avec parrainage d’une équipe sportive connue et, peut-être, des messages publicitaires communs destinés à l’heure de grande écoute.
clients privilégiés. L’hôtel était complet et même surréservé mais la défaillance d’un couple permit au réceptionniste de nuit de lui attribuer une chambre double. Il put connecter son ultraportable sur le de l’hôtel, consulter ses courriels et naviguer sur Internet.

4ème partie (origines étymologiques) :

Fiduciaire (économie : adjectif utilisé pour désigner une monnaie dont la valeur nominale est très supérieure à la valeur intrinsèque, le papier-monnaie, c’est-à-dire les billets de banque, par exemple).

Réponse : fiduciarius (latin).

Le mot "fiduciarius" signifiait "confié comme un dépôt provisoire à une personne de confiance" (la confiance se disait "fides" en latin). Il s’agissait notamment d’une pratique du droit romain consistant pour une personne (le disposant) à transmettre un bien à un personne de confiance en la chargeant de le remettre à un tiers à une époque fixée (généralement au décès du disposant).

Lorsque la monnaie de papier est apparue, les particuliers ont apporté à la banque des monnaies d’or et d’argent et reçu en contrepartie des billets de banque remboursables sur demande en métal monétaire. Il s’agissait donc d’un dépôt provisoire basé sur la confiance, ce qui explique le choix du terme monnaie fiduciaire.

Le remboursement en métal monétaire a assez vite été rendu impossible par les excès d’émission de billets de banque. La monnaie de papier est devenue du "papier-monnaie" inconvertible en or ou en argent. La confiance en la valeur de cette monnaie fiduciaire a été soutenue ultérieurement par l’établissement d’un cours légal, c’est-à-dire imposé par la loi : tous les agents économiques sont obligés d’accepter la monnaie à la valeur faciale et il n’y a donc pas de risque à l’accepter en paiement.

Thésauriser : amasser de manière durable de la monnaie dans un coffre, chez soi ou en banque, en évitant d’investir, de prêter ou de consommer.

Réponse : thesaurus (latin)… et indirectement θησαυρός (grec).

Le document le plus ancien actuellement connu et comportant le mot thésauriser date de 1350. C’est un poème religieux de Gilles Le Muisit (1272 – 1352), moine, chroniqueur et poète français. L’auteur y parle de "thresors thesauriziés". En 1588, Montaigne écrivait encore "thesaurizer".

Le mot est emprunté à un terme du latin tardif "thesaurizare" (utilisé dans des textes chrétiens) construit à partir du mot du latin classique "thesaurus". Notons que "thesaurus" provient lui-même du mot grec "θησαυρός".

5ème partie (présentation du projet) :

Le correcteur doit tenir compte à la fois de l'originalité et du réalisme du projet et de la qualité de l'exposé, notamment dans l'utilisation de la langue française.

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