COUPE FRANCOPHONE DU VOCABULAIRE DES AFFAIRES 2017

Coupe proposée au grand public

LA DICTÉE DES MOTS D'OR



SEMAINE DE LA LANGUE FRANÇAISE ET DE LA FRANCOPHONIE

Samedi 25 mars 2017

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Les organisateurs de la Coupe "LE MOT D'OR" vous remercient et vous félicitent d'affirmer, par votre participation, votre volonté d'entreprendre marquée par le souci d'une bonne maîtrise du vocabulaire des affaires, dans votre langue maternelle et en français.

SUJET
(le corrigé est donné en vert)

Le sujet comporte trois parties. Les réponses doivent être portées sur le sujet lui-même qui sera remis aux organisateurs en fin d'épreuve.

1. Début du conte terminologique : recherche des néologismes.

Soulignez, dans le texte suivant, les néologismes (termes, c’est-à-dire mots ou groupes de mots, nouveaux et termes anciens employés dans un sens nouveau) qui vous paraissent relever du français des affaires (mercatique et action commerciale, commerce (d'articles de sport par exemple), hôtellerie-tourisme, gestion, économie d’entreprise, économie générale, informatique et Internet, etc.) et plus généralement tous les termes qui sont malheureusement souvent remplacés par des anglicismes.

Maya avait organisé elle-même son voyage aux États-Unis, car les forfaits proposés par les voyagistes étaient trop chers. Ce n’était pas un voyage d’affaires mais de vraies vacances. Au retour, dans la plateforme de correspondance de l’aéroport de New-York, en avance sur son horaire et plutôt que d’attendre dans la salle d’embarquement, elle prit un escalier mécanique pour visiter une salle d’exposition de produits à la pointe de la technique. L’enregistrement fut assez laborieux mais elle put enfin monter dans l’avion. Elle avait réservé un vol sans escale et à bas prix. La liste de vérification terminée, l’avion de ligne se mit en mouvement. C’est le moment du décollage, pensa Maya, légèrement inquiète. Le vol et l’atterrissage furent sans problèmes.

À l’arrivée, Maya retira sa voiture du parc de stationnement, fit le plein de gazole dans la station d’un supermarché et échangea quelques chèques de voyage qui lui restaient dans une banque au volant. L’attente au restaurant au volant et au grill étant dissuasive, elle dîna rapidement dans un libre-service de restauration rapide, avec une pensée nostalgique pour le repas-détente, et rejoignit ensuite son hôtel. Elle gara facilement son véhicule grâce au stationnement assisté. L’inscription à la réception fut rapide car on n’était pas en période de surréservation. Elle monta dans la chambre individuelle qu’elle avait réservée. Elle alluma le poste de télévision, regarda quelques minutes un défilé de mode puis suivit une émission-débat en direct mettant en scène un cyberentrepreneur, parraineur d’un réseau de développement du commerce équitable, accompagné d’un conseil-partenaire, et des spécialistes de la croissance verte sur le sujet du développement durable.

Le lendemain, après le départ de l’hôtel, elle se rendit à un rendez-vous d’affaires important. Maya avait décidé la création d’une jeune pousse dans le domaine du numérique pour développer et vendre en ligne au grand public un logiciel, particulièrement astucieux, qu’elle avait mis au point pour la lutte contre l’hameçonnage, avec un mode d’exploitation par abonnement de type logiciel à la demande. Elle devait rencontrer le directeur d’une grappe d’entreprises du secteur. Il s’occupait de dynamiser les jeunes pousses. Il la dirigea vers un incubateur ’entreprises qui pouvait lui apporter un appui (hébergement, conseil, financement) lors des premières étapes de la vie de son entreprise. Elle espérait ainsi pouvoir accéder à un laboratoire de fabrication et à un espace de cotravail et peut-être rencontrer un investisseur providentiel pour être mentorée, notamment pour élaborer un plan de développement et acquérir l’esprit mercatique, et pour obtenir le capital d’amorçage nécessaire. En cas de besoin, elle pourrait recourir au financement participatif par investissement ou par prêt. Plus tard, elle chercherait un accélérateur d’entreprises pour ne pas se limiter à une microentreprise. Et elle pourrait peut-être en tirer un jour l’histoire d’une réussite.
Maya avait organisé elle-même son voyage aux États-Unis, car les forfaits proposés par les voyagistes étaient trop chers. Ce n’était pas un voyage d’affaires mais de vraies vacances. Au retour, dans la plateforme de correspondance de l’aéroport de New-York, en avance sur son horaire et plutôt que d’attendre dans la salle d’embarquement, elle prit un escalier mécanique pour visiter une salle d’exposition de produits à la pointe de la technique. L’enregistrement fut assez laborieux mais elle put enfin monter dans l’avion. Elle avait réservé un vol sans escale et à bas prix. La liste de vérification terminée, l’avion de ligne se mit en mouvement. C’est le moment du décollage, pensa Maya, légèrement inquiète. Le vol et l’atterrissage furent sans problèmes.

À l’arrivée, Maya retira sa voiture du parc de stationnement, fit le plein de gazole dans la station d’un supermarché et échangea quelques chèques de voyage qui lui restaient dans une banque au volant. L’attente au restaurant au volant et au grill étant dissuasive, elle dîna rapidement dans un libre-service de restauration rapide, avec une pensée nostalgique pour le repas-détente, et rejoignit ensuite son hôtel. Elle gara facilement son véhicule grâce au stationnement assisté. L’inscription à la réception fut rapide car on n’était pas en période de surréservation. Elle monta dans la chambre individuelle qu’elle avait réservée. Elle alluma le poste de télévision, regarda quelques minutes un défilé de mode puis suivit une émission-débat en direct mettant en scène un cyberentrepreneur, parraineur d’un réseau de développement du commerce équitable, accompagné d’un conseil-partenaire, et des spécialistes de la croissance verte sur le sujet du développement durable.

Le lendemain, après le départ de l’hôtel, elle se rendit à un rendez-vous d’affaires important. Maya avait décidé la création d’une jeune pousse dans le domaine du numérique pour développer et vendre en ligne au grand public un logiciel, particulièrement astucieux, qu’elle avait mis au point pour la lutte contre l’hameçonnage, avec un mode d’exploitation par abonnement de type logiciel à la demande. Elle devait rencontrer le directeur d’une grappe d’entreprises du secteur. Il s’occupait de dynamiser les jeunes pousses. Il la dirigea vers un incubateur d’entreprises qui pouvait lui apporter un appui (hébergement, conseil, financement) lors des premières étapes de la vie de son entreprise. Elle espérait ainsi pouvoir accéder à un laboratoire de fabrication et à un espace de cotravail et peut-être rencontrer un investisseur providentiel pour être mentorée, notamment pour élaborer un plan de développement et acquérir l’esprit mercatique, et pour obtenir le capital d’amorçage nécessaire. En cas de besoin, elle pourrait recourir au financement participatif par investissement ou par prêt. Plus tard, elle chercherait un accélérateur d’entreprises pour ne pas se limiter à une microentreprise. Et elle pourrait peut-être en tirer un jour l’histoire d’une réussite.

2. Suite et fin du conte terminologique : LA DICTÉE DES MOTS D’OR.

Texte de la dictée :

"Le numérique envahit aujourd’hui nos vies. Maya l’avait compris et se sentait l’état d’esprit requis. Son air bonhomme masquait un tempérament exubérant et une volonté opiniâtre de ne pas obérer l’avenir. Les persifleurs ne manquaient pas mais gâchaient leur peine. « J’ai la couenne solide », était-elle accoutumée à dire.

Elle avait décidé la création d’une jeune pousse numérique et mis au point, après une étude exhaustive des logiciels existants, une application vendue par abonnement pour que nous ne payions qu’en cas d’usage et n’ayons pas le sentiment d’être des pigeons exploités à l’envi jusqu’à ce que nous entrevoyions l’échappatoire inattendue qui nous libère de cette sujétion quasi acceptée. Il faudrait, bien sûr, que nous vérifiions les engagements que nous prenons au lieu de nous laisser duper comme dans un bonneteau.

Maya pensait au désarroi de ces internautes qu’elle avait entendus pester et aux jérémiades qu’elle avait entendu proférer à ce sujet. Elle espérait atteindre, en les convainquant, le plus de cybernautes possible et dans tous les milieux possibles. Mais saurait-elle être convaincante ?

En attendant, faute de défraiement, « Il faut que tu limites tes frais jusqu’à ce que tu voies que la partie est gagnée », pensait-elle in petto."


N.B.

1) Prononciation du mot "couenne" : [kwan].

2) Le rapport du Conseil supérieur de la langue française, approuvé par l’Académie française, publié au Journal officiel du 6 décembre 1990 et préconisant des rectifications orthographiques, autorise d’écrire "persiffleurs"» au lieu de "persifleurs".


Liste et définitions des termes utilisés dans le conte terminologique pour éviter les anglicismes :

Ces termes figurent dans l’ordre de leur apparition dans le texte. Certains ont fait l’objet d’un travail des commissions de terminologie et d’une publication officielle. Les dates mentionnées sont celles de la publication au Journal officiel.



Forfait ou voyage à forfait (tourisme) : ensemble de prestations de service (transport, hébergement, restauration, visites, excursions, distractions, etc.) proposé à prix fixe par un organisateur de voyages ou de séjours (15.09.1992).

Voyagiste ou organisateur de voyages (tourisme) : personne morale ou physique qui conçoit et met en œuvre des voyages (15.09.1992).

Voyage d’affaires (économie d’entreprise) : voyage relatif à des activités économiques.

Plateforme de correspondance (transport aérien) : aéroport servant de point de concentration ou de rayonnement de voyageurs ou de marchandises, regroupant l'activité d'une ou de plusieurs compagnies de transport (12.02.2006).

Horaire ou programme ou emploi du temps (divers) : suite minutée d’activités prévues (9.11.1976).

Salle d’embarquement (transport aérien) : salle où les passagers sont rassemblés en vue de l'embarquement ou retenus pour un vol de correspondance ou au cours d'une escale (22.10.2004).
Escalier mécanique ou escalier roulant ou escalateur (divers) : installation comprenant une chaîne de marches entraînée mécaniquement et destinée au transport des personnes dans une direction ascendante ou descendante (21.03.1986).

Salle d’exposition ou magasin d’exposition (économie d’entreprise) : local d'exposition et de démonstration des produits (meubles, cuisines, carrelages, etc.) fabriqués, distribués ou installés par une entreprise, un groupement d'artisans, etc. (6.04.2006).

À la pointe de la technique, de pointe (économie d’entreprise) : se dit d'un produit dont la fabrication a nécessité la mise en œuvre de techniques de pointe (2.03.2010).

Enregistrement (transport aérien) : opération par laquelle le voyageur confirme sa présence pour le vol, confie ses bagages au transporteur et reçoit une carte d’embarquement.

Sans escale (transport aérien) : se dit d’un vol d'un point à un autre sans atterrissage intermédiaire.

À bas prix (transport aérien et divers) : se dit notamment d’une compagnie aérienne ayant fortement réduit ses coûts pour pouvoir pratiquer des tarifs compétitifs (7.06.2007).

Liste de vérification (divers) : document écrit servant d'aide-mémoire et indiquant dans l'ordre les différentes opérations ou vérifications à effectuer avant, pendant ou après la mise en œuvre d'un matériel (9.11.1976).

Avion de ligne (transport aérien) : avion de transport de passagers parcourant une ligne régulière (9.11.1976).

Décollage (transport aérien) : pour un avion, action de quitter le sol, de s’envoler.

Gazole (produits pétroliers) : carburant pour moteur diesel (12.01.1973).

Supermarché (commerce) : magasin vendant en libre-service des denrées alimentaires et des produits d'achat courant et dont la surface de vente est comprise entre 400 et 2500 m².

Chèque de voyage (banque) : chèque préimprimé, libellé en euros ou dans une autre monnaie, d'un montant arrondi, et permettant au porteur d'être protégé contre les risques de vol (31.01.1989).

Banque au volant (banque) : guichet de banque aménagé de manière à permettre aux clients d'être servis sans quitter leur voiture (26.03.2004).

Restaurant au volant (restauration) : restaurant aménagé de manière à permettre aux clients d'être servis sans quitter leur voiture (26.03.2004).

Grill, grilladerie (Québec) (restauration) : restaurant où l’on mange essentiellement des grillades.

Libre-service (restauration et commerce) : restaurant ou magasin où le client se sert lui-même.

Restauration rapide (restauration) : système de restauration rapide à bon marché, à service et assortiment limités, qui permet de consommer sur place ou ailleurs (15.09.1992).

Repas détente (restauration) : système de restauration caractérisé par la qualité du repas et la possibilité de prendre son temps (par opposition à la restauration rapide) ou gastronomie classique (restauration reposant sur l'art culinaire traditionnel, tant dans sa présentation que dans sa réalisation).

Stationnement assisté (automobile) : dispositif qui actionne la direction du véhicule pour faciliter les manœuvres de stationnement, le conducteur conservant la maîtrise de la boîte de vitesses, de l’accélérateur et du frein (20.05.2014).

Entrée d’un client (hôtellerie) : arrivée et inscription à la réception.

Surréservation (transport et hôtellerie) : action consistant à réserver des places en nombre plus important que celui des places existantes (2.08.1989).

Chambre individuelle (hôtellerie) : chambre pour une personne.

Défilé de mode (mode) : présentation de collections de vêtements sur des mannequins (3.03.2006).

Émission-débat (télévision) : émission consistant en une discussion sur des sujets de société entre un animateur et ses invités (18.01.2005).

En direct (émission radiophonique ou télévisée) : diffusé(e) sans enregistrement, au moment même de sa production (5.03.2009).

Cyberentrepreneur (Internet et économie d’entreprise) : homme d’affaires qui achète et vend sur Internet.

Parraineur (économie d’entreprise) : personne physique ou morale qui apporte un soutien matériel à une manifestation, à une personne, à un produit ou à une organisation en vue d'en retirer un bénéfice direct (31.01.1989).

Commerce équitable (commerce) : forme de commerce international assurant une juste rémunération des producteurs, notamment dans les pays en développement (19.01.2010).

Conseil-partenaire (économie d’entreprise) : partenaire de l'entreprise jouant le rôle de fournisseur d'idées, de conseiller, de stimulant (26.03.2004).

Croissance verte (économie et environnement) : croissance économique respectueuse de l’environnement naturel, et visant, par des actions ou des innovations spécifiques, à remédier aux atteintes qui lui sont portées – 8.09.2013).

Développement durable (divers) : situation où les perspectives de développement n'appellent pas de mesures correctives à court terme (31.07.1994).

Départ d’un client (hôtellerie) : moment où le client libère sa chambre et règle son séjour.

Rendez-vous d’affaires (économie d’entreprise) : rencontre relative à des activités économiques.

Jeune pousse (économie d’entreprise) : jeune entreprise innovante et dynamique, à croissance rapide. Les jeunes pousses se rencontrent en particulier dans les secteurs de pointe tels que la biotechnique et les techniques d'information (28.07.2001).

Le numérique (information et communication) : l'ensemble des techniques utilisant des codages numériques, les nouvelles techniques de l'information et de la communication). « Numérique » se dit, par opposition à « analogique », de la représentation de données ou de grandeurs physiques au moyen de caractères (des chiffres généralement) et aussi des systèmes, dispositifs ou procédés employant ce mode de représentation (17.01.1982).

Vente en ligne (économie d’entreprise et Internet) : vente sur Internet.

Logiciel (informatique) : programme nécessaire au traitement de l'information par un ordinateur, une tablette ou un ordiphone (17.01.1982).

Astucieux (informatique et divers) : bien conçu, bien agencé et pratique.

Hameçonnage ou filoutage (Internet) : technique de fraude visant à obtenir des informations confidentielles, telles que des mots de passe ou des numéros de cartes de crédit, au moyen de messages ou de sites usurpant l'identité d'institutions financières ou d'entreprises commerciales (12.02.2006).

Logiciel à la demande (informatique) : prestation de service proposant à un client l’utilisation à distance d’un logiciel et dont le coût correspond à son usage effectif ; abonnement de l’utilisateur à un logiciel mis à jour régulièrement (1.01.2013).

Directeur (économie d’entreprise) : personne qui dirige, à la tête d’un organisme ou d’un service.

Grappe d’entreprises (économie d’entreprise) : regroupement de petites entreprises à l'échelon local (26.03.2004).

Dynamiser (divers) : stimuler, donner de l’élan, doper, encourager, relancer, etc.

Jeune pousse : voir ci-dessus.

Incubateur d’entreprises (économie d’entreprise) : structure d'accompagnement de projets de création d'entreprises. L'incubateur peut apporter un appui en termes d'hébergement, de conseil et de financement, lors des premières étapes de la vie de l'entreprise. À la différence d'une pépinière d'entreprises ou d'un hôtel d'entreprises, un incubateur s'adresse à des sociétés très jeunes ou encore en création.

Laboratoire de fabrication (économie d’entreprise) : laboratoire ouvert au public, souvent dans un esprit collaboratif, pour la mise au point d’innovations. Il permet de passer du concept au prototype.

Cotravail (économie d’entreprise) : mode de travail consistant, pour des professionnels indépendants, à partager espace, poste de travail, expérience ou compétences (5.08.2016).

Investisseur providentiel ou bon génie (économie d’entreprise) : investisseur privé qui apporte capital et savoir-faire à de jeunes entreprises innovantes sans rechercher de rendement immédiat, dans une perspective de succès à terme (7.09.2007).

Mentorer (économie d’entreprise) : conseiller et accompagner ; un mentor est une personne chargée d'améliorer les compétences et la réussite professionnelle d'un individu ou d'une équipe (26.03.2004).

Plan de développement ou plan d’affaires (économie d’entreprise) : dossier présentant un projet chiffré de création ou de développement d'entreprise (14.08.1998).

Esprit mercatique (mercatique) : comportement commercial.

Capital ou fonds d'amorçage (financement) : fonds alloués, le plus souvent par des investisseurs providentiels, au lancement d'un projet pour permettre la prospection de marchés et le développement de produits ou de services (19.01.2010 et18.03.2011).

Financement participatif (financement) : financement faisant appel à un grand nombre de personnes, généralement des internautes, pour qu’elles investissent les fonds nécessaires à l’aboutissement d’un projet (18.05.2013).

Financement participatif par prêt (financement) : financement faisant appel à un grand nombre de personnes, généralement des internautes, pour qu’elles prêtent les fonds nécessaires à l’aboutissement d’un projet.

Accélérateur d’entreprises (économie d’entreprise) : lorsque la jeune entreprise a quelques années, des clients et des salariés, l’accélérateur la conseille (gestion, stratégie commerciale, financement, recherche de compétences) pour franchir une nouvelles étape, à l’international par exemple.

Microentreprise (économie d’entreprise) : entreprise individuelle de très petite taille.

Histoire d’une réussite (économie d’entreprise) : récit d'un parcours social réussi (26.03.2004).


Voici ce que donnerait le conte terminologique en franglais :

Maya avait organisé elle-même son voyage aux États-Unis, car les packages proposés par les tour operators étaient trop chers. Ce n’était pas un business travel mais de vraies vacances. Au retour, dans le hubtiming et plutôt que d’attendre dans le boarding lounge, elle prit un escalator pour visiter un showroom de produits high-tech. Le check-in fut assez laborieux mais elle put enfin monter dans l’avion. Elle avait réservé un vol nonstop et low-cost. La checklist terminée, l’airliner se mit en mouvement. C’est le moment du takeoff, pensa Maya, légèrement inquiète. Le vol et l’atterrissage furent sans problèmes.

À l’arrivée, Maya retira sa voiture du parc de stationnement, fit le plein de gas oil dans la station d’un supermarket et échangea quelques traveler’s checks qui lui restaient dans une drive-in bank. L’attente au restaurant drive-in et au grillroom étant dissuasive, elle dîna rapidement dans un self-service de fast food, avec une pensée nostalgique pour le slow food, et rejoignit ensuite son hôtel. Elle gara facilement son véhicule grâce au park-assist system. Le check-in fut rapide car on n’était pas en période de surbooking. Elle monta dans le single qu’elle avait réservé. Elle alluma le poste de télévision, regarda quelques minutes un fashion show puis suivit un talk show en live mettant en scène un e-businessman, sponsor d’un réseau de développement du fair trade, accompagné d’un sparring partner, et des spécialistes de la green growth sur le sujet du sustainable development.

Le lendemain, après le check-out de l’hôtel, elle se rendit à un business meeting important. Maya avait décidé la création d’une start-up dans le domaine du digital pour développer et vendre B2C (business to consumer) un soft, particulièrement smart, qu’elle avait mis au point pour la lutte contre le phishing, avec un mode d’exploitation par abonnement de type (SaaS) software as a service. Elle devait rencontrer le manager d’un cluster d’entreprises du secteur. Il s’occupait de booster les start-up. Il la dirigea vers un business incubator qui pouvait lui apporter un appui (hébergement, conseil, financement) lors des premières étapes de la vie de son entreprise. Elle espérait ainsi pouvoir accéder à un fab lab et à un espace de coworking et peut-être rencontrer un business angel pour être coachée, notamment pour élaborer un business plan et acquérir la marketing attitude, et pour obtenir le seed money nécessaire. En cas de besoin, elle pourrait recourir au crowdfunding ou au crowdlending. Plus tard, elle chercherait un business accelerator pour ne pas se limiter à un microbusiness. Et elle pourrait peut-être en tirer un jour la success story



3. Participez à l’opération "Dis-moi dix mots" qui invite chacun à jouer et à s’exprimer autour de dix mots sous une forme littéraire ou artistique.

Cette année, « Dis-moi dix mots sur la Toile » met à l’honneur le numérique. Le français moderne est parlé et écrit depuis le XVIIe siècle et il est intéressant de voir son adaptation à des contextes technologiques en constante évolution. Ces dix mots, issus du monde virtuel mais empruntés au monde physique, présentent un fort « potentiel poétique » : avatar, canular, émoticône, favori, fureteur, héberger, nomade, nuage, pirate et télésnober.

Illustrez (par un court texte, un dessin ou les deux) un (ou plusieurs) de ces mots, ou, si vous préférez, un des néologismes que vous avez repérés dans la début du conte terminologique. Donnez libre cours à votre créativité.

Pause récréative (facultative) : pour chacun des deux mots suivants du français des affaires, choisissez (en mettant une croix dans la case correspondante) l’origine étymologique qui vous semble être la bonne :

Pécuniaire (adjectif) : qui concerne les ressources en argent (« ennuis pécuniaires », « gêne pécuniaire », « situation pécuniaire ») ou qui consiste en argent (« avantage pécuniaire », « aide pécuniaire », « peine pécuniaire »).

pecuniary (anglais) : même sens
pecuniario (italien) : même sens
pecuniarius (latin) : même sens
pécunieux (français) : qui a beaucoup d'argent

Marchand (nom et adjectif) : commerçant chez qui l'on achète des marchandises qu'il fait profession de vendre ; relatif au commerce, à la vente sur un marché (« service marchand », « site marchand », « marine marchande »).

mercand (occitan) : même sens
mercadier (ancien français) : même sens
mercator (latin) : même sens
mercatus (latin) : même sens

Réponse pour pécuniaire : pecuniairius (latin).

Le mot « pécuniaire » provient de l’évolution du mot latin pecuniarius qui avait le même sens. Pecuniarius a été formé à partir du mot pecunia qui désignait au départ un avoir en bétail et a pris finalement le sens plus général de fortune, d’argent. Le mot pecunia provenait lui-même du mot pecus (bête, tête de bétail). Le latin a été à l’origine une langue d’agriculteurs dont le bétail constituait la richesse essentielle. On utilise en français de nombreux mots qui ont ainsi une origine agricole inattendue, par exemple dans le domaine littéraire : livre (de liber : partie vivante de l’écorce, qu’on utilisait pour écrire), volume (de volumen : rouleau de cette écorce), page (de pagina : rangée de vignes alignées puis page), caractère (de character : fer à marquer les bestiaux puis caractère), virgule (de virgula, petite branche, baguette puis signe de ponctuation), vers en poésie (de versus, sillon de labour puis ligne d’écriture), etc.

Le mot latin pecuniarius se retrouve dans toutes les langues romanes : catalan (pecuniar), corse (pecuniariu), espagnol (pecuniario), français (pécuniaire), italien (pecuniario), occitan (pecuniari), portugais (pecuniário) et roumain (pecuniar). Du français, il est passé à l’anglais (pecuniary), qui est la plus latine des langues germaniques (plus de 60% de son vocabulaire est d’origine latine).

L’adjectif pécunieux (qui a beaucoup d’argent, fortuné, riche) est d’un emploi assez rare aujourd’hui (le dictionnaire de l’Académie française est un des rares à le conserver), contrairement à son antonyme, impécunieux (qui manque d’argent, pauvre), qu’on rencontre encore fréquemment. Son étymologie latine (pecuniosus, riche en troupeaux au début, puis riche en argent ensuite) est voisine de celle de pécuniaire.

Remarques : l’adjectif est un mot épicène, c’est-à-dire dont la forme est la même au masculin et au féminin : « un souci pécuniaire », « une gêne pécuniaire ». L’adjectif pécunier (dont le féminin serait pécunière), qu’on rencontre parfois, n’est pas reconnu par l’Académie française et ne figure pas dans les dictionnaires.

Réponse pour marchand : mercatus et (latin).

Les mots mercatus (marché) et mercator (marchand) ont conduit à la création en latin tardif d’un verbe nouveau mercatare (commercer, vendre) dont le participe présent mercatans a pris le sens de marchand.

On retrouve dans des textes français anciens l’évolution de ce mot vers la forme actuelle :
mercatantem (accusatif de mercatans)
marchedant (980)
marchaant (1050)
marcheand (1155)
marchant (1293)
marchand (1462)

L’occitan a un mot voisin (mercand). Les autres langues romanes utilisent en général des mots différents mais qu’on retrouve aussi sous des formes voisines en français : comerciant (catalan et roumain), comerciante (espagnol), commerciante (italien), negociante (portugais). Mais on rencontre aussi en italien les noms mercante et mercatante, en espagnol l’adjectif mercante et en catalan le nom mercant. Du français, le mot est également passé à l’anglais (merchant).

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